La comptabilité de l’auto-entrepreneur est l’un des plus gros avantages qu’offre le régime micro-social simplifié de la micro-entreprise. En effet, le travailleur indépendant qui a choisi l’auto-entreprise comme statut juridique est redevable de moins d’obligations comptables que le serait le dirigeant d’EURL ou de SASU. Globalement, 3 étapes vont ponctuer la comptabilité du micro-entrepreneur. Il va devoir facturer ses clients, répertorier les sommes encaissées dans un livre des recettes puis déclarer son chiffre d’affaires mensuel ou trimestriel. S’il est redevable de la TVA, l’auto-entrepreneur devra en plus déclarer la taxe sur la valeur ajoutée qu’il aura collectée. Revoyons ensemble les différentes obligations comptables de l’auto-entrepreneur en 2022.
Table des matières
Comment éditer une facture en étant auto-entrepreneur ?
Chaque auto-entrepreneur se trouve dans l’obligation de fournir à chacun de ses clients une facture conforme qui présente certaines mentions obligatoires.
Parmi celles-ci, vous retrouverez :
- le nom du client particulier ou de la société
- l’adresse personnelle du client particulier ou professionnelle de la société cliente
- la date d’émission de la facture
- le numéro de référence de la facture
- la date d’exécution ou de livraison du bien ou du service
- la quantité, l’objet de la prestation, le prix unitaire et la somme totale facturée
- vos coordonnées (nom, prénom, adresse professionnelle, numéro de SIREN)
À noter ! 💡
- Il faudra rajouter la mention « EI » (entrepreneur individuel) avant votre prénom et nom. De plus, si votre client est auto-entrepreneur, il faudra aussi rajouter cette mention avant ses coordonnées.
- La mention « TVA non applicable au regard de l’article 293 B du Code Général des Impôts » devra être apposée sur la facture si vous bénéficiez de la franchise de base TVA.
N’hésitez pas à garder une copie dématérialisée de vos factures sur un cloud ou un disque dur externe. L’ensemble de vos factures pourra être demandé lors de contrôles menés par l’URSSAF ou les organismes fiscaux.
Comptabilité auto-entrepreneur : l’obligation de tenir un livre des recettes
Bonne nouvelle ! Pas besoin de faire appel à un expert-comptable, si vous êtes auto-entrepreneur. L’établissement d’un compte de résultat annuel ne vous sera également pas demandé.
Une fois la facture éditée et envoyée à votre client, il faudra la répertorier dans un livre-journal des recettes. Ce livre des recettes peut-être un document papier (voici le modèle officiel du livre des recettes à compléter) ou dématérialisé. En effet, il peut se présenter sous la forme d’un livre de recettes sur Excel ou Google Sheets. Autre possibilité, utiliser un logiciel de comptabilité pour répertorier l’ensemble de ses recettes.
À noter ! 💡
L’utilisation d’un logiciel de comptabilité certifié est obligatoire pour les commerçants qui utilisent un logiciel de caisse ou qui vendent des biens à des particuliers, s’ils sont redevables de la TVA.
Comment tenir un livre des recettes quand on est auto-entrepreneur ?
Toutes les factures doivent être inscrites de manière chronologique dans le livre des recettes. Plusieurs mentions devront y figurer :
- le numéro de référence de la facture
- le nom du client
- l’objet de la prestation
- le montant de la facture
- la date d’encaissement
- le mode de règlement (espèces, chèques ou virements bancaires)
La comptabilité de l’auto-entrepreneur nécessite de respecter une durée de conservation des pièces comptables. Le livre des recettes sera à garder durant 6 ans à compter de la dernière inscription sur ce dernier et 10 ans pour toutes les factures transmises à partir de leur date d’émission. En principe, une fois complété, le livre des recettes ne peut pas être modifié.
De surcroît, il existe des sanctions rattachées au non-respect des obligations comptables relatives à la tenue du livre des recettes. Si vous inscrivez de fausses informations sur votre livre des recettes, vous serez passible de 45 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement.
À noter ! 💡
Pour les activités de vente de marchandises, de denrées à consommer sur place ou à emporter, ou de prestations d’hébergement, l’auto-entrepreneur devra obligatoirement tenir un registre des achats. Il faudra inscrire dans ce document : l’identité du vendeur, la date et la nature de l’achat, son montant et le mode de paiement utilisé par l’auto-entrepreneur.
Comment déclarer son chiffre d’affaires auto-entrepreneur ?
Tenir sa comptabilité en tant qu’auto-entrepreneur, en mettant à jour régulièrement son livre des recettes, permet d’avoir une vision globale sur le chiffre d’affaires brut réalisé par le micro-entrepreneur. Ainsi, en se basant sur les inscriptions contenues dans ce document comptable, il sera plus facile pour l’auto-entrepreneur de déclarer tous les mois ou tous les trimestres les sommes qu’il a effectivement encaissées.
En effet, de manière hebdomadaire ou trimestrielle, l’auto-entrepreneur se voit prélever un montant de cotisations sociales en fonction du taux qui s’applique selon son activité. Également, si le micro-entrepreneur bénéficie de l’ACRE, un taux de cotisations sociales allégé lui sera appliqué.
Il existe une spécificité qui découle du statut juridique de l’auto-entrepreneur. Ce dernier ne peut pas déduire ses charges lorsqu’il effectue ses déclarations. Le taux de cotisations sociales n’est pas appliqué sur son bénéfice mais uniquement sur l’ensemble de ses recettes.
Bon à savoir !
Comptabilité auto-entrepreneur : ouvrir un compte bancaire professionnel
Est-ce obligatoire d’ouvrir un compte bancaire professionnel lorsque l’on est auto-entrepreneur ? La réponse est non. Tout du moins, tant que votre chiffre d’affaires annuel brut ne dépasse pas 10 000 € durant deux années consécutives. En principe, un simple compte personnel suffit.
En tant qu’auto-entrepreneur, il y a une confusion entre votre patrimoine personnel et professionnel eu égard du fait que la micro-entreprise n’a pas la personnalité morale. Avoir un compte personnel et un compte professionnel distinct a l’avantage de permettre plus de clarté sur la tenue de vos encaissements professionnelles et transactions personnelles. À noter que l’ouverture d’un compte professionnel demande quand même une participation financière généralement plus importante que pour un compte personnel.













